André-Yves PORTNOFF

Pionnier de la "Révolution de l’intelligence"

Il a une allure de professeur Nimbus !
André-Yves PORTNOFF est le co-auteur du premier rapport français sur la
société de l’immatériel : « La Révolution de l’intelligence » (Paris, 1983-1985).
• Il a développé avec le groupe Futuribles un outil d’évaluation basé sur les
facteurs immatériels.
• Il a publié avec Hervé Sérieyx :
« Aux actes, citoyens ! De l’indignation à l’action »

André-Yves PORTNOFF est l’un des pionniers de la « Révolution de l’intelligence ». Il est le conseiller scientifique de Futuribles international à Paris et est également professeur associé au MBA de la HEG à Fribourg en Suisse.

questions & réponses
  • Vous avez parlé de réindustrialisation, pensez-vous qu’il s’agisse d’un mouvement de mode ou de fond, et se dessine-t-il sur le plan mondial ?

    Je crois qu’il s’agit des deux. Malheureusement, les politiques qui en parlent ne savent pas ce qu’est une
    entreprise. Le slogan « made in France », « made in Italy », « made in USA » est un slogan qui porte
    aujourd’hui. Mais au-delà de la formule, y-a-t-il des actes ? Je crois qu’il y a une prise de conscience à la
    Maison Blanche et chez un certain nombre d’entrepreneurs Américains. Il faudrait que cette prise de
    conscience devienne chez nous une réalité. J’entends beaucoup de discours et je vois peu d’actions
    réelles. J’ai parlé dernièrement avec le patron d’une entreprise qui m’a dit avoir dû renoncer à 2 donneurs
    d’ordre qui voulaient l’obliger à fabriquer en Chine. Je crois qu’il faut profiter que le sujet soit à la mode
    pour obliger les acteurs à agir réellement. Il faut être pédagogue, dire et redire que c’est possible et
    rentable. Il existe des outils. Un entrepreneur Américain a créé un site qui permet de calculer l’intérêt
    économique du rapatriement de production aux Etats-Unis.

  • Vous nous avez dit tout à l’heure que le poids de l’industrie en Allemagne représentait le double de la
    France. Pouvez-vous nous expliquer un peu plus en détail la nature de cet écart ? Quel levier fonctionne en
    Allemagne qui ne fonctionne pas chez nous ?

    Il y a de gros problèmes en Allemagne mais aussi des choses qui fonctionnent pas mal. Quand je suis
    devenu journaliste à l’Usine Nouvelle dans les années 70, nous invitions chaque jeudi un grand patron
    Français. Leur refrain consistait à dire que les entreprises allemandes avaient bien de la chance d’avoir en
    face d’elles des syndicats collaboratifs. Nous avions du mal à ne pas répondre que les syndicats allemands
    avaient bien de la chance d’avoir en face d’eux des patrons allemands. Depuis Bismarck, on est obligé de
    mettre des représentants du personnel dans les conseils d’administration. Il existe une tradition de
    construction participative, tout le monde essaye de faire en sorte que l’entreprise se porte bien.
    L’économiste Michel Albert avait écrit un livre remarquable sur le capitalisme rhénan. Il y a en Allemagne
    un sens de la collaboration entre grands et petits, d’où l’existence de nombreuses entreprises moyennes.
    Deux fois plus qu’en France. Il y a aussi un respect du technicien. La France s’est construite sur des
    ingénieurs alors que l’industrie allemande s’est construite sur des techniciens, qui sont souvent devenus
    des patrons. En France, on a toujours davantage favorisé des managers qui passaient d’une entreprise de chaussettes à une entreprise d’électronique, à l’américaine d’ailleurs. Il y a de l’autre côté du Rhin, un
    respect très précieux du travail concret.

Ses interventions (Podcast et vidéos)

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