Christian SAINT-ETIENNE

Économiste et universitaire

Christian SAINT-ETIENNE est intervenu pour le CERA le 18 novembre 2011 pour une Rencontre sur la thématique « Mondialisation : quel avenir pour l’Europe et la France ? »

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Christian SAINT-ETIENNE

Christian SAINT-ETIENNE est Docteur d’Etat en économie, Professeur titulaire de la chaire d’économie industrielle au Conservatoire National des Arts et Métiers, membre du Conseil d’Analyse Economique auprès du Premier ministre. Il a reçu de nombreux prix pour la bonne douzaine d’ouvrages qu’il a publiés. Certains, par leur franc parlé, ont un peu secoué le microcosme économico politique, comme « Guerre et paix au XXI° siècle », « La France est-elle en faillite ? » et enfin « La fin de l’euro ? ».

questions & réponses
  • A vous écouter, nous sommes nombreux à nous poser la question « Mais que font nos politiques ? »

    D’abord, ils sont victimes du système présidentiel. Pour être Président de la République, il faut être élu par une majorité de Français, or, ce que je dis cet après-midi, les Français ne l’entendent jamais ! Ce que je viens de proposer pour les PME, on en n’entend pas parler. Si j’étais au pouvoir, je mettrai l’accent sur la mise en place d’une politique de développement des PME. Je me poserais la question de savoir ce qui empêche les PME de se développer. C’est, entre autres, l’absence de fonds propres, je mettrais donc un taux d’impôts sur les sociétés pour les bénéfices mis en réserve à 20%. Après, je passerais le seuil de 50 à 75 salariés, et si ça marche je monterais jusqu’à 250, comme dans la législation européenne.

  • La question, c’est de savoir pourquoi ces décisions ne sont pas prises par nos politiques ?

    D’abord parce qu’ils n’ont pas pris conscience qu’il s’agit de mesures phares. C’est grâce à l’analyse économique que j’ai menée que je sais que la réforme doit venir du secteur productif. Nos hommes politiques ne sont pas entourés de conseillers appropriés. Nicolas SARKOZY, qui n’était pas très à l’aise avec les questions économiques quand il est arrivé aux affaires, s’est entouré d’anciens banquiers ou de personnes qui conseillent des banquiers, comme Alain Minc, Michel Pébereau, qui sont des hommes très intelligents mais qui manquent d’expériences de terrain.
    J’ajouterais que si j’en avais la possibilité, j’abolirais le système présidentiel qui est un système de pochettes surprises. Pour être élu, il faut annoncer des mesures qui fassent plaisir à suffisamment de gens. Une élection présidentielle se joue à 2 millions de voix. Sur 40 millions d’électeurs, vous en avez 18 millions qui votent toujours à gauche, 18 millions qui votent toujours à droite. Il en reste 4 millions au milieu dont la répartition fait la différence. Donc il s’agit de trouver des mesures qui plaisent à ces électeurs-là. Un système qui fonctionne de cette manière ne peut pas prendre de décisions justes.

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