Eric de MONTGOLFIER

Magistrat

Eric de MONTGOLFIER est intervenu au CERA le 16 septembre 2011 pour une Rencontre sur la thématique « Les Français sont-ils égaux devant la justice ? »

 

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En 1992, Eric de Montgolfier, procureur à Valenciennes, poursuivait Bernard Tapie pour avoir truqué un match de football (l’affaire VA-OM). Depuis, muté à Nice, il a dénoncé haut et fort la disparition de certains dossiers sensibles, le classement d’affaires délicates, la « combinazzione ». Ce qui lui a valu d’être lui-même poursuivi par la justice qui l’a finalement relaxé.
Dans son livre « Le Devoir de déplaire » (Michel Lafont, 2006) le magistrat délivre ses vérités : la soumission de ses confrères, leurs arrangements avec le pouvoir, le corporatisme…
Eric de MONTGOLFIER a participé à l’écriture de l’ouvrage collectif du CERA avec sa contribution « Une justice adaptée à des exigences citoyennes ».

questions & réponses
  • J’aimerais vous poser une question relative à votre rôle de procureur. Vous critiquez certaines lois. Comment peut-on les appliquer en pensant qu’elles sont inadéquates ?

    Il n’appartient pas au magistrat de se situer par rapport aux décisions du Parlement. Le serviteur de la loi ne critique pas son maître.
    Je peux dire non à certaines situations particulières comme dans l’affaire de la burqa, mais je ne peux pas nier des lois. Je peux exercer mon rôle en appliquant certaines lois dans des circonstances particulières. Ma place peut me permettre de corriger quelques excès.
    Une société qui a besoin de recourir en permanence au système pénal pour résoudre ses questions est une société qui signe sa faiblesse.
    Une adhésion par ordre d’un juge n’est pas une vraie solution, c’est plutôt un aveu d’impuissance.

  • Quel est votre sentiment par rapport à l’augmentation de la corruption en France ?

    Les lois de décentralisation avaient quelque chose d’excellent. Mais il fallait que l’Etat reste fort, que le contrôle exercé par les préfets reste fort. Le malheur, c’est que ce n’est pas ce qui s’est passé. On n’a pas scindé correctement les fonctions au sein des collectivités, et il y a de la corruption, forcément ! Et là où l’on se sent faible en tant que magistrat, c’est quand on accepte cette corruption. C’est la peur qui nous fait tuer la démocratie. Je crois à l’exemplarité des élites. Si vous voulez être indépendant, vous le serez ! Or aujourd’hui, ce n’est plus tellement de mise et tout se sait ! Comment voulez-vous que les jeunes se situent dans tout ça ?

Ses interventions (Podcast et vidéos)

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