Michel MAFFESOLI

Sociologue

Michel Maffesoli (né le à Graissessac, Hérault) est un sociologue français.

Ancien élève de Gilbert Durand et de Julien Freund, professeur émérite à l’université Paris Descartes, Michel Maffesoli a développé un travail autour de la question du lien social communautaire, de la prévalence de l’imaginaire et de la vie quotidienne dans les sociétés contemporaines, contribuant ainsi à l’approche du paradigme postmoderne.

Ses travaux encouragent le développement des sociologies compréhensive et phénoménologique.

Il est membre de l’Institut universitaire de France depuis septembre 2008, au terme d’une procédure de nomination controversée.

Plus généralement, Michel Maffesoli a fait l’objet de controverses à la fois scientifiques et professionnelles, la plus célèbre d’entre elles demeurant celle concernant la thèse qu’il dirigea et fit soutenir à l’astrologue Élizabeth Teissier en 2001.

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Présentation

Les premiers ouvrages de Michel Maffesoli datent de la fin des années 70 : dans un mouvement continu il analyse les changements qui conduisent de la société moderne structurée par la domination, la violence d’Etat, l’asservissement à des fins sans cesse reculées et le primat de la représentation à ce qu’il nommera pour la première fois, la société postmoderne.

La sociologie de Michel Maffesoli est descriptive et non pas prescriptive et en ce sens il ne développe ni attitude critique, ni discours politique. Il constate les invariants qui structurent l’imaginaire contemporain, s’inscrivant dans le sillon initié par son maître, Gilbert Durand.

Nombre des notions qu’il a ainsi « lancées » pour éclairer les comportements sociaux ont connu un succès correspondant à leur écho dans l’imaginaire collectif : le tribalisme, comme resurgissement des communautés à l’époque postmoderne est sans doute le plus connu, mais on peut citer bien d’autres occurrences : le nomadisme qui caractérise les jeunes génération, le primat du présent, de l’instant, l’importance de l’imaginaire, du rêve, un réenchantement du monde, mais également l’hédonisme (le dionysiaque), les émotions collectives, ce que l’on pourrait appeler une culture du sentiment commun.

questions & réponses
  • Finalement la philosophie est pleine de certitudes et le scientifique doute beaucoup, c'est un peu inquiétant...

    Michel Maffesoli
    Je n'ai pas forcément de certitudes. Je dis qu'il faut parvenir à poser des questions le moins mal possible. Pour moi, quelque chose est là, il faut faire avec. Jean Didier doute sur la technologie, ce n'est pas mon cas. Non pas par conviction mais parce que dès qu'un fait social existe, ça peut devenir un fait sociologique. C'est ce qui peut donner l'impression que j'ai des certitudes mais je n'aime pas ce terme.

    Jean-Didier Vincent
    Depuis que la philosophie existe, les systèmes se succèdent. Les philosophes sont de grands faiseurs de systèmes. Et ils se trompent souvent. Ce qui n'a aucune importance. L'esthétique du philosophe implique la chute, le système philosophique doit toujours être un peu boiteux pour être esthétique. Tandis que les conséquences des erreurs scientifiques sont graves. C'est pour cette raison que les scientifiques hésitent. Pour autant, la science n'est pas toujours utile. De nombreux scientifiques ne se prononcent que pour distraire les journaux. Il y a aussi des scientifiques qui ne doutent pas mais qui trichent. Ce sont ceux qui témoignent de la plus grande assurance d'ailleurs. La science contemporaine en souffre terriblement.

  • Le sommet de la recherche se trouve entre les mains d'entreprises privées. Est-ce bien raisonnable?

    Jean-Didier Vincent
    Je pense que c'est plus raisonnable que de la mettre entre les mains de l’État qui impose des contraintes aberrantes. Par exemple avec l'administration, on est obligé de tricher pour avoir de l'argent. Dans le cadre privé, on a besoin de résultats et on n'a pas intérêt à fausser ces résultats. Chaque année paraissent environ 30 000 posters scientifiques, qui permettent d'obtenir des positions reconnues et des crédits. En général, tous ces posters se vantent d'avoir des résultats positifs. En réalité, seuls 10% sont dans ces cas. Les autres sont des copies de ce qu'a fait le voisin. Les chercheurs ne sont pas des prix de vertu. Ils ont besoin de gagner leur vie et sont généralement mal payés, ce qui n'incite pas à la vertu.

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Intervention au CERA le 20 novembre 2015
L'Échiquier - POUZAUGES


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