Idriss ABERKANE

Chercheur spécialisé en neuro ergonomie

Partager une somme d’argent c’est la diviser, partager une information c’est la multiplier. Partant de ce constat de bon sens, Idriss ABERKANE développe sa théorie d’un nouvel eldorado fondé sur une source inépuisable d’énergie : la connaissance.

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Idriss ABERKANE

Présentation

Idriss ABERKANE enseigne la géopolitique et l’économie de la connaissance à l’école Centrale de Paris. Il fait de la recherche en ingénierie biomimétique et cognitive à l’école Polytechnique et officie comme chercheur affilié à Stanford. Il est également ambassadeur du campus numérique des systèmes complexes de l’UNESCO.

Chercheur en neurosciences cognitives, Idriss ABERKANE est expert en Noopolitik (géopolitique de la connaissance) et étudie l’interaction entre savoir et pouvoir, et entre savoir et paix.

Pour lui, l’enseignement est un buffet à volonté de connaissances, et son appétit l’a poussé à obtenir trois doctorats : l’un en géopolitique, le second en littérature et le troisième en neuro-technologies.

« Le meilleur moyen de transférer la connaissance, c’est de l’aimer ! », répète-t-il d’ailleurs.

Idriss ABERKANE sait mettre son savoir à notre portée, et nous fait comprendre les enjeux et les impacts de la science du cerveau dans notre vie quotidienne, notamment par les jeux vidéo.

Il est convaincu que l’échec est un diplôme, que le chômeur a plus de pouvoir d’achat que le salarié et que la nature est une bibliothèque dont on a trop longtemps brûlé les livres au lieu de les lire. Mais si vous deviez retenir une chose de ses différentes conférences, ce serait que toute Révolution dans l’Histoire de l’Humanité passe obligatoirement par trois étapes : au début elle paraît ridicule, ensuite elle semble dangereuse, pour enfin devenir évidente.

Éditorialiste pour le Point, ses chroniques font référence.

Idriss ABERKANE a participé à l’écriture de l’ouvrage collectif du CERA avec sa contribution « Apprendre autrement ».

questions & réponses
  • Quel est à votre avis l’impact de l’économie de la connaissance sur l’évolution de la médecine, des traitements ?

    Pour répondre à votre question, je vais prendre un exemple très simple.
    Prenons par exemple le curare, un poison avec lequel les Indiens d’Amazonie enduisent leurs flèches.
    C’est aussi un décontractant musculaire utilisé dans les interventions chirurgicales sous anesthésie générale. Les Indiens savent lire la nature depuis longtemps. Ce n’est qu’en 1947 que l’Institut Pasteur a sorti la première version générique du curare. Avant le curare, on ne pouvait pas opérer plus de 20 mn.
    Au-delà de ce temps, le patient convulsait. Il fallait un décontractant non toxique, qui ne détruisait aucune cellule. C’est le cas du curare. Le curare tue par arrêt respiratoire, parce qu’on ne peut plus contracter son diaphragme. Dès qu’on a recours parallèlement à la respiration artificielle, le curare n’est pas toxique. Son utilisation a sauvé au moins un milliard de vies depuis 1947.
    Aujourd’hui, l’économie de la connaissance fait faire des progrès à la médecine. Le problème, c’est qu’on produit plus de connaissances qu’on ne peut en faire circuler. Il existe peut-être des solutions ignorées dans cette masse de connaissances inexploitée, des solutions pour soigner des cancers incurables, le virus Ebola ou le VIH.

  • Pouvez-vous nous parler de la Khan Academy, l’Académie de la connaissance ? Et quand pensez-vous que nous allons parvenir à donner un grand coup de pied dans le mammouth pour parvenir enfin à généraliser l’économie de la connaissance ?

    La Khan Academy est un des MOOC de référence dans le monde, où l’on peut se former à n’importe quel sujet universitaire avec des cours de petit format, par tranches de 20 mn. Le Collège de France y participe.
    Malheureusement, l’esprit français règne en ce qui concerne les cours donnés dans cette langue. Puisque cette filière n’est pas sélective, ce mode d’apprentissage n’est pas diplômant. En regard, l’Ecole Polytechnique de Zurich, le lieu même où Einstein a étudié, de très grande renommée, n’est pas sélective à l’entrée. Il suffit d’être Suisse pour l’intégrer. La sélection qui se fait est naturelle : tout le monde n’a pas envie d’être ingénieur.
    Les MOOC n’ont pu exister que par ces jeux qu’on appelle MMORPG (qui désigne des jeux de rôles massivement multi joueurs en ligne). L’avenir des MOOC dépend des lois dont je vous parlais tout à l’heure. Un MOOC qui ne capte pas l’attention est mort. Ces cours doivent donc être plus excitants qu’un jeu vidéo. Sachant qu’un jeu qui apprend les maths doit être plus addictif qu’un jeu qui n’apprend rien.
    Absorber de la connaissance est un plaisir, ne l’oublions pas. D’ailleurs, tous les mammifères jouent pour apprendre.

Ses interventions (Podcast et vidéos)

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Intervention au CERA le 27 mars 2015
(ICES la Roche sur Yon)


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