Jean-Marc DANIEL

Économiste

La question de l’euro n’est plus taboue. Aux deux extrêmes de l’échiquier politique, on plaide le retour à une monnaie nationale et Marine Le Pen en a fait son emblème. Pour Jean-Marc DANIEL, sortir de l’euro est une fausse bonne idée. Dévaluer la monnaie pour effacer les dettes et nous libérer de l’austérité demain, entraînerait encore plus de chômage après-demain… Le remède serait pire que le mal !

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Jean-Marc DANIEL est diplômé de l’ENSAE (Ecole Nationale de la Statistique et de l’Administration Economique) et polytechnicien. Il a travaillé dans l’administration, à l’INSEE. Il a exercé dans des cabinets ministériels, aux Affaires Etrangères, à la culture. Il est enseignant à l’Ecole des Mines, à l’ENSAE et à l’ESCP Europe (Ecole Supérieure de Commerce de Paris). Il est aussi chroniqueur au journal Le Monde, aux matinales de BFM, directeur de rédaction de la revue Sociétal, think tank qui décrypte l’évolution des enjeux économiques et sociaux. Il a également écrit de nombreux ouvrages, dont « Le socialisme de l’excellence » en 2011. Spécialiste de l’analyse de la rente, il lutte pour que soit combattues les rentes et promus les talents. En 2012 paraît « 8 leçons d’histoire économique » où il recommande au gouvernement de cesser de privilégier la consommation sur l’investissement et à la BCE de veillez à la qualité autant qu’à la quantité de la monnaie. En économie pure, Jean-Marc DANIEL parle d’un savant dosage entre une politique budgétaire et une politique monétaire. Dans son dernier livre « L’économie de connivence », il parle d’économie spectacle, d’une grande connivence entre les acteurs censés conduire le changement. L’Allemagne disait hier de la France qu’elle était un pays déficitaire récidiviste. Jean-Marc DANIEL dit « Notre problème n’est ni à Francfort, ni à Bruxelles, ni à Berlin. Il est dans le refus des réformes structurelles. De rapports en rapports, le contenu nous est pourtant détaillé. »

questions & réponses
  • Je ne suis pas d’accord avec l’idée que le déficit budgétaire cyclique est indispensable. Jean-Marc Daniel pourrait-il revenir sur cette question ?

    L’idée de la règle d’or avait été à un moment donnée par Nicolas Sarkozy qui avait voulu la mettre dans la constitution l’équilibre budgétaire. C’était un engagement juridique fort mais intenable. Au XIX° siècle, les budgets étaient calibrés structurellement. Une règle d’or apparaissait dans la constitution stipulant que l’Etat devait honorer la dette. L’équilibre budgétaire était susceptible d’être atteint parce que les recettes étaient complètement déconnectées de la situation économique. Quand vous aviez un impôt sur les portes et les fenêtres, quelle que soit la situation économique du moment, vous pouviez calculer les rentrées fiscales. L’équilibre pouvait être quasiment parfait. Aujourd’hui, nos fiscalités sont calées sur la situation économique. Quand je dis que le déficit budgétaire est indispensable et utile, c’est qu’il y a des périodes où les recettes, de fait, baissent et il faut accepter l’idée du déficit budgétaire. C’est ce qu’on appelle les stabilisateurs automatiques en économie. J’ai dit que ce déficit devait être cyclique, car durant les périodes où la situation économique est bonne, on fait de l’excédent. Je me souviens dans les années 90 du Président Clinton qui devait affronter l’affaire du Monica gate. Tout le monde lui disait qu’il fallait baisser les impôts et accepter le déficit budgétaire. Clinton a accepté le déficit budgétaire dans la situation économique de récession, mais malgré le plein boom économique, il a refusé de baisser les impôts, pour laisser s’accroître l’excédent budgétaire des Etats-Unis, en prévision du déficit budgétaire suivant.

  • Une question revient souvent qui concerne la dette. L’Etat français emprunte pour payer les intérêts de sa dette. Est-ce que vous trouvez ça vertueux ?

    Encore une fois, l’Etat n’est pas une entreprise. Il faut bien comprendre ça, et à 2 niveaux comme le disait Jacques Généreux.
    En premier lieu, quand une entreprise s’endette, les économistes disent qu’il y a une formation brute de capital fixe. En regard de cette dette, il y a des actifs. Le capital fixe va générer de la recette. Le capital de l’Etat n’est pas réalisable. Si on mettait l’Etat français en banqueroute, la Joconde n’appartiendrait à personne. En revanche, quand on met une entreprise en liquidation judiciaire, le créancier vient en évaluer la valeur.

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