Jean-Didier VINCENT

Neurobiologiste

Jean-Didier Vincent a été professeur de physiologie à la Faculté de médecine de l’Université Paris XI et fut de 1991 à 2004 directeur de l’Institut de neurobiologie Alfred Fessard du CNRS. Il est également membre de l’Institut (Académie des sciences) et membre de l’Académie de médecine.
Il est président du Conseil national des programmes au ministère de l’Éducation nationale depuis 2002, membre du comité d’éthique des sciences du CNRS (COMETS) et du comité d’éthique et de précaution pour les applications de la recherche agronomique de l’INRA (COMEPRA).

Jean-Didier Vincent a beaucoup contribué au développement de la neuroendocrinologie qui comprend l’étude des interactions entre hormones et système nerveux, le cerveau étant considéré comme une glande endocrine.

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Jean-Didier VINCENT

Présentation

Jean-Didier Vincent est élevé dans un collège protestant de Guyenne à Sainte-Foy-la-Grande dont le maître le destine à des études de littérature à l’École normale supérieure. Ses parents, courtiers en vins et protestants, ayant des revers de fortune, sa mère l’incite à faire des études de médecine à l’École du service de santé des armées de Bordeaux.
Il devient major de Physique Chimie Biologie (ancienne filière universitaire préparatoire à la première année de médecine). Interne dans des services de clinique, il rencontre le neuropsychiatre Jacques Faure qui l’incite à faire des recherches dans ce domaine.

Il dirige un laboratoire d’explorations fonctionnelles du système nerveux de 1970 à 1993 au CHU de Bordeaux avant de prendre la direction de l’Institut Alfred-Fessart à Gif-sur-Yvette en 19922. Il est également professeur de physiologie à la faculté de médecine de Bordeaux. Parallèlement, il effectue des recherches en neurobiologie aux États-Unis puis en France (CNRS, INSERM) et encadre plusieurs doctorants. Parmi eux, Lucy Vincent deviendra plusieurs années plus tard sa femme.

Jean-Didier Vincent est président du Conseil national des programmes au ministère de l’Éducation nationale depuis 2002 et préside depuis octobre 2005 l’Association pour l’Université numérique francophone mondiale (UNFM).

Il a écrit plusieurs ouvrages, dont le plus célèbre est La Biologie des passions chez Odile Jacob.

questions & réponses
  • Finalement la philosophie est pleine de certitudes et le scientifique doute beaucoup, c'est un peu inquiétant...

    Michel Maffesoli
    Je n'ai pas forcément de certitudes. Je dis qu'il faut parvenir à poser des questions le moins mal possible. Pour moi, quelque chose est là, il faut faire avec. Jean Didier doute sur la technologie, ce n'est pas mon cas. Non pas par conviction mais parce que dès qu'un fait social existe, ça peut devenir un fait sociologique. C'est ce qui peut donner l'impression que j'ai des certitudes mais je n'aime pas ce terme.

    Jean-Didier Vincent
    Depuis que la philosophie existe, les systèmes se succèdent. Les philosophes sont de grands faiseurs de systèmes. Et ils se trompent souvent. Ce qui n'a aucune importance. L'esthétique du philosophe implique la chute, le système philosophique doit toujours être un peu boiteux pour être esthétique. Tandis que les conséquences des erreurs scientifiques sont graves. C'est pour cette raison que les scientifiques hésitent. Pour autant, la science n'est pas toujours utile. De nombreux scientifiques ne se prononcent que pour distraire les journaux. Il y a aussi des scientifiques qui ne doutent pas mais qui trichent. Ce sont ceux qui témoignent de la plus grande assurance d'ailleurs. La science contemporaine en souffre terriblement.

  • Le sommet de la recherche se trouve entre les mains d'entreprises privées. Est-ce bien raisonnable ?

    Jean-Didier Vincent
    Je pense que c'est plus raisonnable que de la mettre entre les mains de l’État qui impose des contraintes aberrantes. Par exemple avec l'administration, on est obligé de tricher pour avoir de l'argent. Dans le cadre privé, on a besoin de résultats et on n'a pas intérêt à fausser ces résultats. Chaque année paraissent environ 30 000 posters scientifiques, qui permettent d'obtenir des positions reconnues et des crédits. En général, tous ces posters se vantent d'avoir des résultats positifs. En réalité, seuls 10% sont dans ces cas. Les autres sont des copies de ce qu'a fait le voisin. Les chercheurs ne sont pas des prix de vertu. Ils ont besoin de gagner leur vie et sont généralement mal payés, ce qui n'incite pas à la vertu.

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