Marc TRÉVIDIC

Juge antiterroriste intervenu le 25 septembre 2014

Marc TREVIDIC est né en 1965 à Bordeaux d’un père breton et d’une mère basque, une association explosive !
Après l’Ecole Nationale de la Magistrature de Bordeaux, il est parti dans la Somme puis appelé à suivre les événements de la Rue Copernic avec la question juive, Karachi avec les questions du Moyen Orient confrontée à la vie politique française, le Rwanda avec le terrible génocide, Tibhirine évidemment, où il va retourner incessamment après moult pérégrinations et discussions avec les autorités de tous bords, la question de l’islamisme qu’il n’est pas nécessaire de développer, l’actualité parlant d’elle-même…

je consulte le compte rendu de la rencontre

MARC TRÉVIDIC

Une forte personnalité qui tranche avec l’image martiale et austère d’un juge. Marc TRÉVIDIC donne plutôt l’impression d’un citoyen qui prend toutes ses responsabilités de juge. En juillet 2013, il dit à l’occasion de la sortie de son livre « Je pense terroriste, je mange terroriste, je dors terroriste… » Formule qui se passe de commentaires. J’ai également retenu « Le juge d’instruction est un emmerdeur ou il n’est pas » et enfin, baigné dans cette atmosphère très particulière « Au fond, j’ai plutôt tendance à croire en Dieu ».

On peut s’interroger sur le lien entre la Vendée et le terrorisme. Je rappelle juste qu’Hervé GOURDEL, l’homme assassiné par les islamistes il y a quelques jours était de Saint-Martin-Vésubie, petite commune sans aucun lien avec l’Algérie et l’Islam. En tant que juge, il nous emmène au cœur de questions fortes de société sur le pouvoir et la politique mais aussi la culture du risque, nous qui évoluons dans un monde où l’on se sent en sécurité. En réalité, nous nous trouvons au cœur d’une société mondiale très complexe dont nous avons du mal à évaluer la dangerosité.

questions & réponses
  • On entend aujourd’hui les politiques se demander, non plus s’il va y avoir un attentat, mais où il va avoir lieu. Comment en est-on arrivé là ?

    Notre atout majeur a aussi été notre handicap. Le pôle antiterroriste est né en 1986 dans un contexte de terrorisme d’Etat. Il n’y avait pas d’amateurs. Tout le groupement terroriste était plus ou moins soutenu par un Etat, sur fond de guerre froide. Des groupes comme Abou Nidal étaient sous-tendus par des bases étatiques, hébergés en Syrie, en Libye,... Nous avons mis en place à Paris une structure très centralisée à compétence nationale, qui conjuguait justice, DST, 6° DPJ. Sa vocation était la lutte contre un ennemi qui venait de l’extérieur. Bien sûr les Renseignements Généraux pouvaient avoir des indications mais grosso modo, la menace émanait de l’extérieur. Les événements nous ont donné plutôt raison...

  • Parallèlement, on doit prendre en compte le traitement de tous ceux qui veulent partir. De quels outils se sert-on ? Que fait-on des mineurs ?

    La seule chose certaine, c’est qu’il faut tenir nos choix une fois qu’ils sont faits. La lutte antiterroriste achoppe toujours quand on n’est pas décidé à tenir sa ligne. Soit on tape sur l’Etat islamique aujourd’hui, soit on ne tape pas. Mon idée, c’est que ces groupes ne vivent que s’ils ont un territoire. Le jihad est complètement lié à ce qu’on appelle l’hijra. Ce qui signifie pour nos jeunes l’injonction d’aller vivre dans un pays où l’on applique vraiment la charia, l’Islam véritable. C’est pour cette raison que les Talibans ont eu un tel succès. Ils avaient un territoire à défendre où l’on pouvait vivre jusqu’en 2001. On a laissé faire…

Ses interventions (Podcast et vidéos)

Vos statistiques de satisfaction

Legende des notes

Intervention au CERA le 25 septembre 2014
(Lycée Jean XXIII Les Herbiers)


  • 1.9Qualité du fond
  • 3.4Qualité de la forme
  • 3.9Qualité des échanges
  • 3.9Qualité globale
  • 3,3Total