Michela MARZANO

Chercheuse, philosophe et écrivaine

Michela MARZANO est intervenu au CERA le 21 janvier 2011 pour une Rencontre sur la thématique « La défiance gagne-t-elle notre société ? »

je consulte le compte rendu de la rencontre

Michela MARZANO

Michela MARZANO est Italienne, elle a fait ses études secondaires à Rome. Après son intégration à l’École Normale Supérieure de Pise, elle s’est orientée vers des études de philosophie en suivant parallèlement un cursus de philosophie analytique et de bioéthique à l’Université de Rome « La Sapienza ».

Elle est arrivée en France en 1999, où elle a intégré le CNRS en 2000. Docteur en philosophie et professeur, Michela MARZANO est chargée de recherche au CNRS dans l’unité du CERSES (Centre de Recherche Sens, Éthique, Société), et enseignante à l’Université Paris Descartes.

Elle travaille dans le domaine de la philosophie morale, politique et s’intéresse en particulier à la place qu’occupe aujourd’hui l’être humain, en tant qu’être charnel. L’analyse de la fragilité de la condition humaine représente pour elle le point de départ de ses recherches et de ses réflexions philosophiques.

questions & réponses
  • La confiance serait-elle la graine du cultivateur social ?

    C’est une graine, c’est certain, à toutes sortes de niveaux de l’existence. C’est elle qui rend possibles tous les rapports. Dans les rapports sociaux, s’il n’y a pas de confiance, il n’y a pas de possibilité de créer de liens primaires, pierre angulaire de toute société. Ce fondement est absolument nécessaire, même s’il reste la dimension du saut à franchir.

  • La confiance réciproque, qu’en est-il ? Existe-t-il une hiérarchie dans la confiance ? Peut-on parler d’un lien entre « dominants » et « dominés » dans ce cadre ? Dans une entreprise, est-ce au patron de commencer à témoigner de sa confiance en l’autre ?

    Je n’aime pas trop parler de « dominants » et de « dominés » car je ne pense pas que la hiérarchie l’implique obligatoirement. En France, on construit souvent les relations selon ce registre, comme si c’était difficile d’envisager les choses d’égal à égal. La hiérarchie existe, bien sûr, il y a asymétrie dans de nombreux rapports mais il ne s’agit pas d’une question de domination.
    Pour travailler ensemble, il faut que la confiance circule. A partir du moment où elle naît, la confiance ne demande qu’à se développer. Dans la relation parents / enfant, la relation est ambigüe car l’enfant se trouve dans une relation de dépendance absolue à laquelle les parents doivent obligatoirement répondre par la confiance. Il faut que le chef, ou du moins la personne responsable, fasse confiance pour que les employés, ou membres du groupe, avancent.
    Par exemple, en tant que professeur, les étudiants attendent avant tout de moi que je sois fiable. Si je n’étais pas capable de répondre à leurs questions et leurs attentes, il y aurait rupture. Si je modifiais mes critères d’examen sans le leur dire, je les trahirais. Dans l’entreprise, c’est pareil. Quand on embauche quelqu’un, on choisit de lui faire confiance. Pendant longtemps, on a insisté sur le fait qu’il fallait que les chefs d’entreprise se montrent impeccables pour qu’on leur fasse confiance. Or quand on est chef, ce qui compte, c’est de savoir donner une direction, un sens, grâce notamment à ses compétences, mais il ne peut jamais tout maîtriser. Reconnaître qu’il y a des points qu’on ne connaît pas, c’est reconnaître son humanité et ouvrir ainsi la porte à la confiance. C’est parce que l’on dit honnêtement les choses, que l’on ne cache pas ses imperfections, que l’on est crédible. C’est une bonne attitude qui permet de construire ensemble.
    En politique, on a trop souvent tendance à promettre des choses qu’on sait qu’on ne pourra pas tenir. Ce qui entame profondément la confiance.

Ses interventions (Podcast et vidéos)

Vos statistiques de satisfaction

Legende des notes


  • 3.4Qualité du fond
  • 3.2Qualité de la forme
  • 3.1Qualité des échanges
  • 3.3Qualité globale
  • 3,3Total