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  • Attentat de Nice : « Sommes-nous prêts à changer notre façon de vivre ? »

    Le 18 Juil 2016 - Catégorie : Les Rencontres du CERA

    Marc Trevidic sur le journal de France et déjà au CERA le 24 septembre 2014

    “Le principal danger que nous encourons, c’est de ne rien faire en laissant les causes de la radicalisation des jeunes s’étendre. Voici donc, un peu rapidement, la problématique : Nous sommes passés d’un terrorisme de professionnels à un terrorisme d’amateurs.

    Replongez vous avec nous au coeur de antiterrorisme

     

     

     

    • Aujourd’hui, chaque jour qui passe, un cran est franchi, partout dans le monde. Nos sociétés occidentales ne comprennent pas, ne comprennent plus.

    Gilles Keppel (Challenge 15/07/2016) décrit un problème de logiciel de nos hommes politiques :
    “D’une part, en ce qu’ils ne comprennent pas l’ennemi et son fonctionnement, pourtant transparent: “le logiciel de ce terrorisme-là n’a toujours pas été compris par le pouvoir politique, quel qu’il soit (…) On est dans une autre dimension, il ne s’agit pas de dire qu’on va faire appel à la réserve, tout le monde sait que les forces de l’armée et de la police sont épuisées”.

     

     

     

    • « Sommes -nous prêts à changer notre façon de vivre ? », s’interroge le juge Trévidic au lendemain de cet effroyable attentat.
      PAR LAKHDAR BELAÏD / LA VOIX DU NORD / 15 JUILLET2016
    Marc TREVIDIC réagit suite à l'attentat de Nice

    Marc TREVIDIC

    Ancien juge antiterroriste, Marc Trévidic, le vice-président du tribunal de grande instance de Lille réagit à l’attaque de Nice.
    Le principal suspect de l’attaque de Nice est à peine connu de la justice. Est-ce surprenant ?
    « On peut établir une continuité entre Larossi Abala (l’assassin de deux policiers dans l’Essonne, il y a un mois) et Mohamed Lahouaiej Bouhlel, même si celui-ci n’était pas fiché S. L’état d’esprit entre les deux est le même. À Nice, quelqu’un de connu de la justice uniquement pour des faits de délinquance aura appliqué les consignes de l’EI. Il n’est pas nécessaire d’être allé en Syrie pour cela. »
    Quel est le profil de ce type d’individu ?
    « On est dans le pétage de plomb. Dans le jihad individuel presque imparable. Les tueries de masse ont toujours existé, comme aux États-Unis. Nous avons la même chose, mais avec un fond religieux. Heureusement, ces individus sont peu nombreux. Mais, à chaque fois, c’est douloureux. »
    L’état d’urgence est prolongé de trois mois. Est-ce l’une des solutions ?
    « Quel sens donner à l’état d’urgence ? La question est de savoir si nous sommes prêts à changer notre façon de vivre. Nous avons un état d’urgence avec des manifestations, des festivités… Les réunions publiques sont l’occasion de ce type d’acte. On a l’impression d’un entre-deux eaux. Des fêtes scolaires ont été annulées à cause de l’état d’urgence. À Nice, l’opportunité a tout simplement été trop belle. Un homme seul peut commettre autant de dégâts qu’au Bataclan. On a surtout le sentiment d’une impuissance totale. Nous ne sommes pas, là, dans une affaire de libertés publiques, mais de sécurité publique. »
    Cela signifie-t-il qu’il faut, par exemple, renoncer à la Braderie de Lille ?
    « C’est une bonne question. Si on n’y renonce pas, il faut prendre acte que ce n’est pas sécurisable. On choisit de continuer de vivre comme avant. On a surtout besoin de refondre totalement le système. »
    Le retour des perquisitions administratives est également annoncé…
    « Elles sont inefficientes. Il serait de mauvaise foi de dire qu’elles fonctionnent. Soit on a affaire à des terroristes chevronnés et ils prendront leurs précautions. Soit on sera face à des gens comme cet homme à Nice et on ne trouvera rien. Nous devons surtout admettre qu’il n’y a pas de solution à court terme. »

     

     

    • Sur RTL, Marc Trevidic réagit “à chaud” :
    Retrouvez ici son interview à RTL

    Retrouvez ici son interview à RTL ce 17 juillet :