Sophie RENNER à la CCI de la Roche-sur-Yon le 09 Décembre 2025

Lors de son intervention, Sophie Renner n’a pas seulement raconté une chronologie industrielle ; elle a livré sa vision de la transmission, de l’innovation et de l’engagement patronal. Voici les points clés de son témoignage.
Sophie Renner décrit son arrivée aux commandes en 2016 comme un saut dans l’inconnu, malgré huit années passées dans le groupe en tant que directrice financière.
Le poids du flambeau : Formée à l’expertise comptable, elle explique avoir dû tout apprendre de l’opérationnel quand son père, Jacques Audureau, lui a confié les rênes.
L’anticipation : Elle souligne l’importance de préparer la succession très tôt pour éviter le syndrome de la « troisième génération » (celle qui déconstruit ce que les précédentes ont bâti). Sa stratégie ? Allier humilité et clairvoyance.
Pour Sophie Renner, la mission du groupe reste inchangée depuis 1890 : faciliter la vie de l’utilisateur. Cependant, elle insuffle des priorités très contemporaines :
La décarbonation par le rétrofit : Plutôt que de tout remplacer, elle mise sur l’électrification des machines existantes (off-road) pour atteindre la neutralité carbone sans gaspiller le parc machine actuel.
La robotique de service : Elle investit massivement dans l’automatisme pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre agricole, quitte à ce que ces investissements pèsent sur la performance financière immédiate.
L’IA comme levier d’efficience : Elle voit dans l’intelligence artificielle une opportunité de libérer ses équipes des tâches à faible valeur ajoutée (compilation de données) pour se concentrer sur l’analyse et la relation client.
Face à la croissance du groupe (Vensys), Sophie Renner reconnaît la difficulté de maintenir l’esprit « familial » :
Le rôle des managers : Elle estime que les valeurs (écoute, esprit d’équipe, droit à l’erreur) doivent être incarnées par les managers de proximité, car elle ne peut plus être en contact direct avec chaque collaborateur.
La confiance : Elle cite souvent son père sur ce point : l’innovation n’est possible que si l’on ose la confiance et qu’on accepte de se tromper.
Pourquoi présider le MEDEF Vendée ? Sophie Renner y voit un prolongement naturel de son éducation :
Ne pas subir : Elle refuse d’être simple observatrice des mutations économiques. Son but est de contribuer activement à l’évolution du territoire.
L’apprentissage : Via la Fondation Jacques Audureau, elle s’engage pour l’insertion des jeunes, convaincue que le savoir-faire se transmet par l’expérience directe.