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  • Voyage à pas d’Âne avec Yannick Jaulin

    Le 01 Avr 2020 - Catégorie : Les Rencontres du CERA

    Un périple magique, hors du temps…présenté par Jean-Michel Mousset, président du CERA

    Celui qui en parle le mieux…c’est Yannick Jaulin !

    Episode1 : Partir de la Kiounére.

    Il me faut partir à nouveau, quitter le nid, s’efferneuiller, retourner à la source, refaire le chemin pour retrouver le sens. Nous serons quatre. Il faut se mettre en route sans savoir, petite gueroée d’inconnus avec qui nous allons vivre au rythme de la carriole. Nous allons faire chacun notre voyage, mais ce que nous allons partager sera très fort. Nous partons de la Kiounére (la Tignonnière) à Aubigny, la maison de Marie Ange et Marius les parents et autour ce qui reste de la ferme démantelée, coincée entre les routes

    Épisode 2 – Le chemin plus beau que le but …

    Nous sommes quatre : Bruno le cocher, Eddy le va devant, Isabelle la reporterre ! et moi Yannick le passeur de mots, d ‘héritages d’émotions. Ce film, c’est le regard d’Isabelle, son creuset, ses étonnements. C’est son regard qui se met en route. Avec Zoé et Olivier à la compagnie le Beau Monde, nous avions préparé les étapes de ce périple, mais on ne le répétera jamais assez le chemin est toujours plus beau que le but…

    Episode 3 : Je parle de ma langue

    Une soirée, avec mon parsouné et ami Sébastien Bertrand, un spectacle ? une rencontre avec des gens. C’était le projet global : la rencontre. Maison de quartier du Pont Morineau, endroit d’éducation populaire par excellence. Un goûter dans un quartier, un spectacle en plein air. Un public benèse comme on en voit peu. Je parle de ma langue, obsession ancienne et maintenant assumée. J’ai envie de parler de langue maternelle, celle qui quand elle est niée efface ce que nous sommes profondément. La langue est sans doute une singularité parmi les plus précieuses.

    Episode 4 : Après les amuse-gueule, le vrai départ.

    Traverser la ville sous la pluie pour la quitter. Cette ville où j’ai fait mon « secondaire » où le plouc que j’étais a fait ses premières leçons d’urbanité. Notre attelage incongru respecte les feux rouges, erre sur les trottoirs en shorts et ponchos et puis hop à l’air libre. Première station : Château Fromage. J’habitais là quand j’ai commencé à faire le conteur. Et puis il y aura la rencontre sans caméra de Tanguy aux sources de l’Yon, avant de finir en spectacle dans la grange des Mousset aux Essarts à quelques pas du bois Jaulin…

    Episode 5 : Arrêter de parler pour commencer à marcher dans mes intérieurs.

    Ma frénésie de parler de ma langue maternelle (je reconnais dans ces premières journées tout ce qui fera la chair du spectacle « ma langue maternelle va mourir…. » mais je dois arrêter de surfer à la périphérie. Il va falloir plonger plus profond. Pour cela berlandiner, bader pour se donner la possibilité de la rencontre. Ce jour là Danièle la paysanne qui a effacé toutes traces de sa singularité linguistique pour ne pas être stigmatisée…Finir la journée dans une belle rencontre autour de la permaculture…

    Episode 6 : La Vendée et les hardes de l’identité apparente

    Avec la voix de Maïa Barouh qui commence à se déployer, Jérôme Aubineau le « collègue » mis sur le grill par Isabelle et l’arrivée dans un village vide, quelques réflexions sur la Vendée « Un peuple qui grandit est un peuple qu’a plus conscience de lui et qui s’émancipe davantage… et en Vendée je suis pas sur… » la fascination pour les va devants….Et finir dans un tas de blé.

    Episode 7 : Inaugurer un moulin sans brasser d’air ?

    Arriver sur les hauteurs. Retrouver un soulas de monde en joyeuseté. Inaugurer un moulin à vent, suivre des veuzes pour échapper au veuzon (déprime)….Une vraie vacance du temps dans ce qui constitue le plus profond de moi : la gueroée (la communauté).

    Episode 8 : Juste débornigé (sorti du lit) à Ste Cécile

    A peine débornigé, déjà dans l’idée fixe du voyage : La (non) transmission de la langue. Comment « se crampougner » à soi pour ne pas subir la domination. Celui qui maitrise la langue impose sa vision du monde. Et le japonais de Maïa et Léo qui rimage ses couleurs en arrière plan…

    Episode 9 : En route pour la Morvient

    En route pour la Morvient, vers le moulin de Pierre Barouh sur le Grand Lay. C’est là qu’il a écrit la chanson « à bicyclette ». Commencer par chez jean-Mi à St Prouant. Lui, c’est une figure du rock and roll de Vendée. Avec les clichés sur la Vendée, on ne sait pas trop, ça, que la Vendée est rock’n’roll à plein de niveaux…Le soir rencontrer les ami(e)s du CPIE (Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement). Parler d’éducation populaire avant d’aller jouer à la maison de la vie rurale le lendemain….Ici l’investissement de ces gens a changé profondément le rapport à la nature, le travail avec les élus, les paysans et même les industriels…Passionnant…

    Episode 10 : Rencontres remarquables

    Sur scène à la Maison de la vie Rurale à la Flocellière, avec Maïa Barouh (fille de Pierre) et  Léo Komazawa, on travaille le dimanche matin pour ce spectacle improvisé. Pendant ce temps là, Bruno est embourbé dans la gasse (la boue)  avec Ocarina et Gazelle. Repartir vers St Mesmin, passer voir des amoureux de vieux outils (vieux militants du CPIE) et finir à la Ch’mi chez Catherine et Laurent par une rencontre  « révolutionnaire » entre les paysans bios de St Mesmin et de l’amenage et la grande entreprise Fleury Michon, Yves Gonnord et Laurent Bellion « La confiance ne se construit pas sur l’hypothétique de qui sera gagnant, qui sera perdant » Y.Gonnord.

    Une erreur s’est glissée dans notre générique : Il s’agit bien de l’association de l’APABHB ( Association Promotion de l’ Agriculture Biologique du Haut Bocage) et non de APABBHAB. Que l’association veuille bien nous en excuser.

    Episode11 : Une journée de Bounur !

    Ah les caillebottes de Marie Ange à Menomblet ! Eddy a trouvé la place pour le pique-nique de la troupe à La Barbotinière, la ferme des Motard. A Menomblet, 35 exploitations dans cette commune. Un nombre incroyable pour nos campagnes vidées de paysans! ici, c’est très différent du pays de Pouzauges, plus traditionnel. En pleines métives, les tracteurs s’arrêtent les uns après les autres pour causer. On prend le temps, benèses. J’ai l’impression d’être avec mon père il y a 50 ans. Pierrot lui, en plus de faire le meilleur Noa que j’ai bu dans le voyage (et j’en ai bu!), mène les beufs dans les fêtes. c’est une passion de « toucher les bus » il dariole aussi, ce chant ancestral qu’on le voit pratiquer dans ce reportage sur TF1 https://www.youtube.com/watch?v=Z_-BC…

    Episode12 : Zone frontière entre Vendée et Deux-Sèvres

    Avant de passer en Deux-Sèvres, Une soirée à la ferme de Lay, On y parle d’identité vendéenne ! Plusieurs visions s’affrontent parfois de manière vive. Ce qui reste à l’écran est tranquille, mais les échanges étaient plus virulents que cela. C’est une certitude qu’en apparence l’identité vendéenne est infiniment plus affirmée que celle des Deux Sévriens. On voit encore ces jours-ci à quel point la solidarité, l’esprit collectif y sont importants, unique même!. Pourtant dans les Deux Sèvres, même si on ne se définit pas par une marque collective, on y cultive sa singularité de façon modeste mais bien réelle.

    Episode 13 : Le bocage des trois religions

    Commencer la virounée en Deux Sèvres par la maison de Jany Rouger, belle émotion et symbole parfait dans mon parcours. Ma découverte des Deux Sèvres est liée à mon initiation à la culture populaire via l’UPCP (Union Poitou Charentes pour la Culture Populaire) C’est là que j’ai fait mes « armes » ma culture politique, critique. Cette veillée mélangeant des représentants des communautés Catholiques, Protestantes et des Dissidents (Petite Église) fini en chants parce que dans ce coin de bocage le violon et le chant avaient une place à part….Et parce que, peut-être, la culture est un ciment possible des communautés.

    Episode 14 : A l’Absie avant de conclure…

    Descendre le bocage par la voie verte. Se dire que ces voies de chemin de fer transformées en chemin, c’est à la fois pragmatique et la fin de la poésie. Je n’arrive pas à me voir comme une micheline fumant sur ces rectilignes lignes de fuite. Passer par le domaine de Chantemerle et ses accueillants gérants. S’enfoncer dans la forêt. Découvrir un campement de Scouts d’Europe avec tous ses lieux de culte ! Se perdre (cause à effets ?). Arriver à l’Absie pour une veillée de plein air joyeuse et dansée.

    Episode 15 : Il faut savoir finir

    Même si pour toute l’équipe, ce ne fut pas une arrivée. Au nombril, nous nous sommes aigaillés…avec un temps suspendu au dessus de nous. Depuis, je continue le voyage. Jusqu’à ce temps confiné qui donne encore plus de résonnance à ces moments vécus. J’écris des chansons qui ont été melounés derrière la charrette. Je continue à me dire : “il est temps que je prenne mon temps”. Je commence à mettre en musique la deuxième moitié de ma vie, avec un nid et de nouvelles ailes pour voler autrement, moins vite, plus cha ptit, mais fier enfin du bel osia qu’i sae. J’ai repris contact avec cette Vendée étonnante d’inventivité, de solidarités, avec les Deux Sèvres qui me touchent. j’ai fait un beau voyage……Merci à vous toutes et vous tous, qui sur la route avez donné un sens à ce déplacement, avez permis ce déplacement à l’intérieur de moi. I t’aime, i m’aime…