Laurent SCHWARTZ

Cancérologue et chercheur

Le cancer serait-il une maladie simple, cousine du diabète ?
Et ferions-nous fausse route en consacrant des milliards dans les thérapeutiques et recherches actuelles ?
Le cancérologue Laurent SCHWARTZ bouscule croyances et certitudes dans l’espoir de faire avancer la science.

Vous retrouverez sur cette page son intervention en vidéo, en podcast, ainsi que l’intégralité des questions-réponses.

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Laurent SCHWARTZ

Laurent SCHWARTZ bouscule croyances et certitudes dans l’espoir de faire avancer la science. « Il nous faut explorer de nouvelles voies de traitement » dit-il. Et pour cela, il a constitué une équipe inattendue à Polytechnique autour de biologistes, de physiciens et de mathématiciens. Selon lui, les centres de recherches qui engloutissent des millions pour mettre au point de nouveaux traitements ne sont pas sur la bonne piste, sinon ils auraient déjà trouvé. Le Dr Schwartz porte un regard neuf sur le cancer qui pourrait être une maladie simple du métabolisme, cousine du diabète. Evidemment il dérange l’ordre établi et ne parle pas la langue de bois…

Retrouvez son interview au mensuel spécialisé « La Recherche » : « Il faut simplifier notre vision du cancer »

Ses livres : « Cancer : guérir tous les malades ? » 2013, éditions Hugo Doc. « Le principe de vie, le cancer peut être guéri » 2007 , éditons de La Martinière.

Téléchargez son livre en PDF : Cancer guerir tous les malades ?

Laurent SCHWARTZ a participé à l’ouvrage collectif du CERA avec sa contribution « La médecine de demain : plus simple et plus puissante »

questions & réponses
  • Avant d’écouter les questions de la salle, je vais déjà répondre aux différentes questions qui m’ont été posées durant la pause.

    D’abord, je consulte à la clinique Labrouste à Paris, tous les jeudi à 11h ou 15h selon les jours. Je rencontre tous les malades gratuitement. Le seul problème, c’est que je déborde. Et humainement ce n’est pas simple. J’essaye de faire ce que je peux en me rendant aussi disponible que possible par téléphone et sur internet.
    Ce que j’ai essayé jusqu’à présent, c’est de donner de l’acide lipoïque par voie intraveineuse lorsque c’était possible, lorsque les personnes ont une chambre implantable. L’acide lipoïque se donne alors à une dose de 600mg IV par jour. Ce traitement a son autorisation de mise sur le marché en Allemagne. C’est un traitement qui vise les neuropathies diabétiques. Cette molécule à une cinquantaine d’années. En France, le produit est génériqué. Il n’y a pas d’argent à se faire dessus. On ne trouve donc pas d’intérêt à le vendre en France mais il se trouve sur internet. Il en existe 2 formes : l’acide lipoïque et le sodium R-lipoate qui serait la forme la plus active. Je donne 1,6 gr par jour. La forme IV est peut-être plus efficace que la forme orale. On n’a pas pu faire les essais sur les souris pour s’en assurer. J’ajoute de l’hydroxycitrate, un complément alimentaire qui est sensé faire maigrir. Celui-ci n’existe pas sous forme pure. Je mets 3 fois 500 mgr/jour. Un cas d’hépatite à l’hydroxycitrate s’est produit, qui est aujourd’hui rentré dans l’ordre. C’est pour vous dire que ces substances sont des médicaments. J’ai souvent ajouté du Naltrexone qui diminue l’entrée du glucose dans la tumeur, à 5 mg/jour. Il s’agit d’un traitement des scléroses en plaques pas très répandu mais qui a fait ses preuves. Ce à quoi je crois aujourd’hui, grâce à des données souris, c’est la medformine qui est un traitement antidiabétique vendu sous le nom de Stagid ou Glucophage. Il convient à mon avis de donner des doses importantes. Jusqu’à présent, je ne l’ai pas encore administré. Il est écrit que ce médicament n’est pas dangereux pour les non diabétiques. Ce qui est le cas dans la plupart des cancers. On peut se suicider à l’insuline mais pas au Glucophage. J’ai essayé plein d’autres choses mais sans résultats stables.
    Concernant la prise en charge, je n’ai jamais cherché à faire rembourser quelqu’un de ces traitements. Je ne sais pas où on en est sur ce plan. Ce n’est pas de mon ressort.
    La question suivante est de savoir si ces apports se conjuguent aux traitements dits standards. Si vous regardez l’efficacité des chimiothérapies, on voit avec certains traitements une décroissance de la masse tumorale. Les malades vont mieux pendant un temps, et puis ça flambe. La résultante totale en espérance de vie n’est pas nette. Je pense que ce dont je vous ai parlé peut se combiner avec ce que l’on appelle actuellement les thérapies ciblées. Celles qui bloquent une entrée métabolique précise. Des chemins métaboliques sont plus importants que d’autres. Ce sont des médicaments peu lourds, qui peuvent rendre service, combinables avec ce type de traitements. Ces thérapies ciblées ne faisant que couper des entrées de nourritures. Les facteurs de croissance, dont l’EPO, ne sont en réalité que du steak hâché qui stimule certains endroits.
    Les gens veulent toujours une recette claire et carrée pour survivre le moins mal possible. Je ne suis pas en mesure de la donner. Les choses bougent mais ce n’est pas fini. Si on se met tous en route pour bouger ensemble, j’ai l’intime conviction que c’est jouable à 1 ou 2 ans. En tout cas dans un avenir que nous espérons tous connaître.

  • Qu’est-ce qui cause et comment peut-on prévenir le cancer ? Existe-t-il un régime idéal ?

    Il existe toutes sortes de produits toxiques. Il existe une agence mondiale basée à Lyon, le Centre de lutte contre le cancer, qui liste les produits cancérigènes. Certains de ces produits sont indéfendables. Tout le monde sait qu’ils sont toxiques. D’autres comme les ultra-violets, ont été classés un peu de force parce que ça arrangeait l’industrie. Et d’autres font l’objet de débats sans fin car il y a une sorte de refus de constater certaines choses. Je pense que tous les cancérigènes que l’on connaît, qui sont de l’ordre de la pollution mais aussi des hormones, du vieillissement (à mon avis le paramètre le plus important), tous ont un effet sur la déconnexion de la mitochondrie. Je pense qu’il y a une voie commune à la sortie, qui est d’empêcher la cellule de brûler. Un de nos axes de recherche actuels est de comprendre comment le vieillissement est cancérigène. Quand on regarde les courbes de mortalité par cancer, on s’aperçoit qu’il s’agit d’une maladie qui atteint les vieux. Alors on peut dire que c’est parce qu’on a été exposé plus longtemps aux cancérigènes. Mais on peut aussi le voir comme une lapalissade : c’est parce qu’on est vieux qu’on a plus de cancers. La vraie question est de savoir ce que signifie vieillir. Le vieillissement, est, comme le cancer ou l’Alzheimer, une maladie mécanique. Nous avons des câbles partout dans le corps.
    Quand ces câbles lâchent, ça provoque des rides, des hernies, des anévrismes, les cancers, etc. L’oxygène diffuse très mal, et plus on vieillit, plus on durcit. Psychiatriquement, humainement et physiquement.
    L’oxygène ne passe donc plus, le carburant de la mitochondrie ne passe plus. Il s’agit probablement de la principale cause du cancer. Si cette façon de voir n’est pas politiquement correcte, elle l’est au sens scientifique.
    L’autre grande maladie du vieillissement est l’Alzheimer, qui n’a pas de modèle expérimental.
    C’est la raison pour laquelle il n’existe pas de traitement. On a pensé qu’à chaque battement cardiaque, le malade recevait comme un petit coup sur la tête. Cette succession donne progressivement, dans notre optique de physicien, la maladie d’Alzheimer. On a pris 500 souris innocentes et on leur a tapé sur la tête 4 fois par jour pendant 6 mois. Il s’avère que tous les marqueurs de la maladie d’Alzheimer montaient. Il est probable que ce sont les mêmes leviers qui agissent au niveau du cancer. La fibre qui se trouve au niveau du cerveau et de la peau asphyxie progressivement les mitochondries qui de ce fait synthétisent et rencontrent le sort qu’on connaît.
    Je ne crois pas fondamentalement à un monde sans cancer. Je ne crois pas non plus à l’entière responsabilité des produits incriminés. Je pense qu’il s’agit du domaine de la peur et non de la médecine.
    Je pense à une responsabilité majeure de la vieillesse. Quand on vieillit, on n’oxygène moins les tissus, la mitochondrie ne peut plus fonctionner et les maladies liées à son défaut de synthèse sont susceptibles d’apparaître.

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